Rêve, vision, imaginations...
Sur la route est passé, un étrange cortège.
En tête se tenait le Vieil Homme de la Mer, une belle sirène, minuscule, perchée sur son épaule.
Il battait tambour soliste, suivi d'un grand orchestre de sifflements de vents et de vagues brisantes.
Derrière, en grand désordre, suivait une cohorte de bateaux délabrés usés par l'abandon et le manque de respect.
Il y avait les gros mourant dans des champs d'herbes où ils rêvaient des grandes vagues salées et des poissons brillants dans leur ventre affamé.
Il y avait de tous petits canots, croupissant sans espoir d'une rame d'enfant, dans la vase durcie en un lieu oublié par la marée.
Il y avait ceux, à moitié colorés, restés de longues années dans un garage sombre avec pour compagnie un vieux pot de peinture rouillé.
J'ai même reconnu, au passage, cette barque presque neuve, retournée au milieu des gravats d'une maison en construction.
En fin de cortège se traînaient les bois pourrissants semblables à des squelettes d'animaux dont il ne reste plus que les côtes.
Oui, j'ai vu passer un étrange cortège.
Révoltés par l'indifférence des hommes, ils allaient vers la mer.
Ariaga


, je me sens de plus en plus mal à l'aise. Il me
semble que la société humaine dite "évoluée" a édifié les avancées de la civilisation et l'amélioration du bien-être de l'homme supposée en résulter, sur des illusions : illusion issue de
l'idée que l'on peut marcher sans jambes et sans pieds en se séparant de la Nature. Cela ne date pas d'aujourd'hui car une ancienne gravure alchimique ironise déjà sur cette idée. Autre
illusion : penser que le progrès est à l'"extérieur", d'où une perte de contact avec la source créatrice, quel que soit le nom qu'on lui donne, qui cherche à s'exprimer à l'"intérieur".
Illusion aussi de la suprématie d'un Moi qui rejette ou supprime ce qui ne lui ressemble pas, entraînant une impossibilité de sa relation et surtout de son enrichissement car il refuse les
contacts avec les autres parties de la psyché.

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