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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 17:44


"De 1918 à 1926, je me suis sérieusement plongé dans l'étude des gnostiques. je me suis intéressé à eux, car les gnostiques, eux aussi, avaient rencontré, à leur façon, le monde originel de l'inconscient. Ils s'étaient confrontés avec ses images et ses contenus qui, manifestement, étaient contaminés par le monde des instincts. De quelle façon comprenaient-ils ces images ? Cela est difficile à dire en raison de l'indigence des informations qui nous sont parvenues à ce propos, d'autant plus que ce qui nous en a été transmis provient le plus souvent de leurs adversaires, les Pères de l'Eglise. Que les gnostiques en aient eu une conception psychologique n'est, en aucun cas probable. De plus, ils étaient trop éloignés dans le temps pour pouvoir servir de point de départ à ma façon d'envisager les choses. la tradition entre la gnose et le présent me semblait rompue et, pendant longtemps il ne me fut pas possible de trouver le pont entre la gnose -ou  le néoplatonisme- et le présent. Ce n'est que lorsque je commençai à comprendre l'alchimie qu'il m'apparut qu'elle constitue un lien historique avec la gnose, et qu'ainsi, à travers l'alchimie, se trouve rétablie la continuité entre le passé et le présent. L'alchimie, comme philosophie de la nature en honneur au Moyen Age, jette un pont aussi bien vers le passé, la gnose, que vers l'avenir, la psychologie moderne de l'inconscient."

C. G. JUNG, "Ma vie", ed. Gallimard, p. 234, 235.

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Published by Ariaga - dans C.G. Jung
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Muttifree 12/06/2009 16:41

Je ne sais pas vraiment si comme le dit Jung : « l'alchimie constitue un lien historique avec la gnose, et qu'ainsi, à travers l'alchimie, se trouve rétablie la continuité entre le passé et le présent. »
La Gnose et les gnostiques n’ont pas disparus … ceux d’hier, comme ceux d’aujourd’hui n’appuient pas leurs recherches sur les dogmes qui en appellent à seulement la foi, mais s’appuient sur des enseignements secrets (dont ceux de Jésus) et comme les Alchimistes, il est vrai, sur des symboles et des analogies pour tenter d’en extraire le sens caché…
Les anciens affichaient une pensée très nouvelle, révolutionnaire jusqu’à la désobéissance envers tous les « pouvoirs » temporels… et se vouaient à créer en l’homme une Conscience véritable pour le libérer des mirages et de la duperie des institutions religieuses…
« Garder les yeux ouverts, refuser le sommeil, s’éveiller à la véritable conscience de soi-même » telle était, et est encore, l’ascèse principal des gnostiques.

Parmi les gnostiques anciens et je dirais les plus modernes et « d’esprit quantique »… on trouve les « Pérates » qui considéraient le « Serpent » comme le premier gnostique du monde, celui qui détenait la connaissance primordiale et avaient tenté de la donner au premier homme dans ce fameux jardin d’Eden…
Le symbole de cette re-connaissance analogique, se laisse voir, enroulée autour du pôle boréal, entre la Grande et la petite Ourse…
« Si quelqu’un possède des yeux qui savent voir, il verra en levant son regard vers le haut la belle image du Serpent enroulé au commencement du ciel. Alors, il comprendra qu’aucun être ni au ciel ni sur terre ni aux enfers ne s’est formé sans le Serpent. »

A l’instar de nos astronomes modernes, les gnostiques scrutaient le ciel, ses nébuleuses, ses spirales et tous les amas extra-galactiques et considéraient ce monde hyper-cosmique (ainsi le nommait Basilide) comme l’Etre suprême, le détenteur de tous les devenirs, rétenteur de toutes les potentialités créatrices…