Dimanche 12 juillet 2009 7 12 /07 /Juil /2009 15:57

Quand je pense au progrès , je me sens de plus en plus mal à l'aise. Il me semble que la société humaine dite "évoluée" a édifié les avancées de la civilisation et l'amélioration du bien-être de l'homme supposée en résulter, sur des illusions : illusion issue de l'idée que l'on peut marcher sans jambes et sans pieds en se séparant de la Nature. Cela ne date pas d'aujourd'hui car une ancienne gravure alchimique ironise déjà sur cette idée. Autre illusion : penser que le progrès est à l'"extérieur", d'où une perte de contact avec la source créatrice, quel que soit le nom qu'on lui donne, qui cherche à s'exprimer à l'"intérieur". Illusion aussi de la suprématie d'un Moi qui rejette ou supprime ce qui ne lui ressemble pas, entraînant une impossibilité de sa relation et surtout de son enrichissement car il refuse les contacts avec les autres parties de la psyché.

J'ai commencé un voyage, pour l'instant j'en suis à faire les bagages, pour montrer, avec l'aide de C.G.Jung, qu'il existe d'autres chemins. Que l'Autre qui est en nous n'est pas un ennemi. Qu'il peut apporte une aide à celui qui décide de ne plus vivre au niveau du masque superficiel de la persona et d'accepter d'aller plus profond vers l'altérité la plus proche et la plus angoissante : l'inconscient. 

C'est normal d'avoir envie de protéger son Moi, car son degré de conscience constitue notre spécificité d'humain. C'est pour cela qu'il tente de toutes ses forces de détourner le flux abondant qui circule entre la profondeur et la surface, entre le conscient et l'inconscient. Comme cet "interflux" ne peut jamais être interrompu, puisqu'il participe de la totalité psychique, la rencontre va avoir pour conséquence des angoisses, des violences, des dégoûts de vivre. Tout cela nous allons le projeter, en vertu du processus du "bouc émissaire", sur les "autres" qui seront considérés comme responsables de ce mal être.

J'ai souffert, je souffre, et je souffrirai encore, de tous ces maux, mais j'essaie de me soigner, de cuire, de recuire, de dissoudre, selon les processus alchimiques. Le faire avec d'autres, sur ce blog, je vais tenter de le continuer pendant cette nouvelle année. D'abord terminer les bagages (l'archétype, l'animus et l'anima,l'alchimie, la poésie) et puis rêver, et méditer, méditer encore...pour voyager plus loin et surtout plus profond.

Ariaga

Par Ariaga - Publié dans : Philosophie
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Commentaires

Ariane avance d'une pensée à l'autre, du bout des doigts, avec des mots et des idées.

La grande illusion, c'est cette barrière qui sépare les mondes "intérieur" et "extérieur".
Commentaire n°1 posté par r_i_d le 12/07/2009 à 18h21
En effet, il n'y a pas de frontière car tout converge vers le centre qui est le Soi.
Commentaire n°2 posté par ariaga le 13/07/2009 à 09h05
Mon hypothèse, c'est que "beaucoup de Soi" mène à cette perception d'un monde "intérieur" séparé, voire essentiellement distinct, d'un monde "extérieur".

Autrement dit, une conscience [très développée] de soi créé peut-être cette illusion qu'une sorte de _Soi_ pourrait exister, un être, une entité séparée, différente du Reste. La conscience de Soi détermine ici cette barrière, cette frontière entre "l'intérieur" et "l'extérieur".

Or l'Univers, le "Un", est par définition un Entier, une entité absolument indivisible, de sorte que des "intérieurs" et des "extérieurs" ne correspondent à aucune vérité, ailleurs que du point de vue particulier de la créature consciente d'elle-même. Ce soi, tel qu'il niche au coeur du vivant, se limite souvent à la reconnaissance du corps où il a éclos. Pourtant, le soi nie parfois son identité avec ce corps, pour se reconnaître dans cette chose intangible qu'on nomme l'âme, laquelle aurait ce pouvoir de survivre à la mort... Autrement, le soi nie son identité avec le corps vivant qui l'a vu naître pour se reconnaître dans un ensemble plus grand : Un corps social ancré dans le temps, dans l'espace ; "Je" n'est alors que la parcelle d'une famille ou d'un clan habitant telles montagnes ou telles rives...

Le soi peut aussi se reconnaître dans l'Univers entier, présent, futur et passé -- éternel -- et c'est ainsi qu'on se jette soi-même aux crocs du tigre affamé ou qu'on se sacrifie pour sauver un inconnu ; quand on se reconnaît dans l'Autre...

Je nomme "petit soi" cette illusion qui dresse un mur entre des mondes "intérieur" et "extérieur". Je nomme "le plus grand soi" celui qui se reconnaît parfaitement dans l'Etre défini par cette formule de Pascal : Dieu est le centre d'une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part.

Pas de circonférence : Le Soi ne connaît pas d'intérieur, pas d'extérieur.

Sphère infinie : Le Soi ne connaît pas de limite.

Centre partout : Le Soi correspond à Tout Ce Qui Est. Il Est Ce Qui Est.

Le Soi Est.
Commentaire n°3 posté par r_i_d le 13/07/2009 à 11h45
Passionnant !
Commentaire n°4 posté par ariaga le 14/07/2009 à 15h33
Bonjour.
Ah le progret...
Moi je suis plutôt satisfait de la marche de l'humanité, quoique je ne l'étais absolument pas il y a quelques temps. Non je pense au contraire maintenant que tout à un sens. Si le monde vit dans l'illusion, à côté de la plaque, avec ces faux-besoins à outrances c'est parce qu'elle a besoin de connaître une overdose de tout ce qui est stupide et éphémère, pour que son âme, son être goûte à tous les vices, toutes les supercheries pour enfin les vivre et les assimiler complétement et se rendre compte alors, plus tard, comme tout était faux. Et ce n'est que là, quand tous auront goûté à l'ensemble des illusions que le noyau de l'humain s'en dégagera petit à petit.
Patience. Je suis heureux qu'ils continuent à vivre les rêves quels qu'ils soient, car ça les rapproche d'une réalité qu'ils ne perçoivent pas encore. Au moins ils sont authentiques, atardés par leur égo certes, mais authentiques et en vie dans une conscience qui ne fait que sommeiller.
Commentaire n°5 posté par eipho le 19/07/2009 à 14h41
Tient ! Mr R_I_D, mes amitiés à lui, son commentaire est en effet très bon *
Commentaire n°6 posté par eipho le 19/07/2009 à 14h45
A mon tour, chère Ariaga, de me couvrir la tête de cendres... je n'avais pas vu cette profonde réflexion, et pas vu non plus, conséquence reliée à cette formelle absence, la "PRESENCE" magistrale de R-i-d...

Superbe offrande...et Joie profonde en cette résonance... MERCI.
Commentaire n°7 posté par Muttifree le 25/07/2009 à 09h29
Je pense à ce qui se passe dans certaines entreprises (suicides et mal être)... tu vois ce que je veux dire. Bon, cette note est de cet été, on peut penser que tes paroles sont périmées. Et bien non.... Bises
Commentaire n°8 posté par elisabeth le 19/09/2009 à 17h56
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