Partager l'article ! Le progrès: Quand je pense au progrès, je me sens de plus en plus mal à l'aise. Il me ...
Quand je pense au progrès
, je me sens de plus en plus mal à l'aise. Il me
semble que la société humaine dite "évoluée" a édifié les avancées de la civilisation et l'amélioration du bien-être de l'homme supposée en résulter, sur des illusions : illusion issue de
l'idée que l'on peut marcher sans jambes et sans pieds en se séparant de la Nature. Cela ne date pas d'aujourd'hui car une ancienne gravure alchimique ironise déjà sur cette idée. Autre
illusion : penser que le progrès est à l'"extérieur", d'où une perte de contact avec la source créatrice, quel que soit le nom qu'on lui donne, qui cherche à s'exprimer à l'"intérieur".
Illusion aussi de la suprématie d'un Moi qui rejette ou supprime ce qui ne lui ressemble pas, entraînant une impossibilité de sa relation et surtout de son enrichissement car il refuse les
contacts avec les autres parties de la psyché.
J'ai commencé un voyage, pour l'instant j'en suis à faire les bagages, pour montrer, avec l'aide de C.G.Jung, qu'il existe d'autres chemins. Que l'Autre qui est en nous n'est pas un ennemi. Qu'il peut apporte une aide à celui qui décide de ne plus vivre au niveau du masque superficiel de la persona et d'accepter d'aller plus profond vers l'altérité la plus proche et la plus angoissante : l'inconscient.
C'est normal d'avoir envie de protéger son Moi, car son degré de conscience constitue notre spécificité d'humain. C'est pour cela qu'il tente de toutes ses forces de détourner le flux abondant qui circule entre la profondeur et la surface, entre le conscient et l'inconscient. Comme cet "interflux" ne peut jamais être interrompu, puisqu'il participe de la totalité psychique, la rencontre va avoir pour conséquence des angoisses, des violences, des dégoûts de vivre. Tout cela nous allons le projeter, en vertu du processus du "bouc émissaire", sur les "autres" qui seront considérés comme responsables de ce mal être.
J'ai souffert, je souffre, et je souffrirai encore, de tous ces maux, mais j'essaie de me soigner, de cuire, de recuire, de dissoudre, selon les processus alchimiques. Le faire avec d'autres, sur ce blog, je vais tenter de le continuer pendant cette nouvelle année. D'abord terminer les bagages (l'archétype, l'animus et l'anima,l'alchimie, la poésie) et puis rêver, et méditer, méditer encore...pour voyager plus loin et surtout plus profond.
Ariaga
La grande illusion, c'est cette barrière qui sépare les mondes "intérieur" et "extérieur".
Autrement dit, une conscience [très développée] de soi créé peut-être cette illusion qu'une sorte de _Soi_ pourrait exister, un être, une entité séparée, différente du Reste. La conscience de Soi détermine ici cette barrière, cette frontière entre "l'intérieur" et "l'extérieur".
Or l'Univers, le "Un", est par définition un Entier, une entité absolument indivisible, de sorte que des "intérieurs" et des "extérieurs" ne correspondent à aucune vérité, ailleurs que du point de vue particulier de la créature consciente d'elle-même. Ce soi, tel qu'il niche au coeur du vivant, se limite souvent à la reconnaissance du corps où il a éclos. Pourtant, le soi nie parfois son identité avec ce corps, pour se reconnaître dans cette chose intangible qu'on nomme l'âme, laquelle aurait ce pouvoir de survivre à la mort... Autrement, le soi nie son identité avec le corps vivant qui l'a vu naître pour se reconnaître dans un ensemble plus grand : Un corps social ancré dans le temps, dans l'espace ; "Je" n'est alors que la parcelle d'une famille ou d'un clan habitant telles montagnes ou telles rives...
Le soi peut aussi se reconnaître dans l'Univers entier, présent, futur et passé -- éternel -- et c'est ainsi qu'on se jette soi-même aux crocs du tigre affamé ou qu'on se sacrifie pour sauver un inconnu ; quand on se reconnaît dans l'Autre...
Je nomme "petit soi" cette illusion qui dresse un mur entre des mondes "intérieur" et "extérieur". Je nomme "le plus grand soi" celui qui se reconnaît parfaitement dans l'Etre défini par cette formule de Pascal : Dieu est le centre d'une sphère infinie dont le centre est partout et la circonférence nulle part.
Pas de circonférence : Le Soi ne connaît pas d'intérieur, pas d'extérieur.
Sphère infinie : Le Soi ne connaît pas de limite.
Centre partout : Le Soi correspond à Tout Ce Qui Est. Il Est Ce Qui Est.
Le Soi Est.
Ah le progret...
Moi je suis plutôt satisfait de la marche de l'humanité, quoique je ne l'étais absolument pas il y a quelques temps. Non je pense au contraire maintenant que tout à un sens. Si le monde vit dans l'illusion, à côté de la plaque, avec ces faux-besoins à outrances c'est parce qu'elle a besoin de connaître une overdose de tout ce qui est stupide et éphémère, pour que son âme, son être goûte à tous les vices, toutes les supercheries pour enfin les vivre et les assimiler complétement et se rendre compte alors, plus tard, comme tout était faux. Et ce n'est que là, quand tous auront goûté à l'ensemble des illusions que le noyau de l'humain s'en dégagera petit à petit.
Patience. Je suis heureux qu'ils continuent à vivre les rêves quels qu'ils soient, car ça les rapproche d'une réalité qu'ils ne perçoivent pas encore. Au moins ils sont authentiques, atardés par leur égo certes, mais authentiques et en vie dans une conscience qui ne fait que sommeiller.
Superbe offrande...et Joie profonde en cette résonance... MERCI.