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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 10:21

 

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Photo prise au spectacle du Musée des Automates de la Rochelle

Nous étions partis pour un voyage, dans un style un peu science-fiction, vers des pays imaginaires. Mais les voiles de notre imagination ont flambées, nous avons été attaqués par des êtres étranges, nous avons été victimes de faux semblants et finalement c'est dans le monde des contes que nous allons plonger pour le reste de notre périple estival.

Ce voyage nous allons le faire avec Patricia Gaillard, alias La Gaillarde Conteuse (clic pour son blog) que certains connaissent déjà. Cette conteuse professionnelle et écrivain va s'installer dans les locaux virtuels du Laboratoire pendant tout le mois d'Aout. Elle va cesser d'aller de ville en ville pour se consacrer à nous.

Je ne sais quelles histoires elle va nous narrer, ni à quel rythme, car je découvrirai comme vous, avec un peu d'avance quand même pour les mises en page et autres besognes, au fil de ses envois. Il s'agira d'inédits destinés à une publication ultérieure. Ces textes seront évidemment protégès par un copyright.

Allons nous asseoir à l'ombre d'un grand arbre et vivons un rêve éveillé. Nous avons le droit de réagir et de mettre notre grain de sel.

Écoutez avec moi, la voix de la Conteuse.

Ariaga

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1 août 2014 5 01 /08 /août /2014 16:52

 

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ÉPISODE SECOND
          
Mais la lune me réservait encore moult surprises. L’émotion passée, nous nous rassîmes sur les douces feuilles pour reprendre nos tendres mignardises. Tout à coup, telles des vesses de loup affolées, surgit du sol une ronde de tremblantes têtes chauves roulant des yeux apeurés, les bouches en cul de poule, et piaillant comme une couvée affamée. Curieuse comme une chouette lorgnant à une fenêtre, ma mie en oublia mes pressantes caresses et se coula vers eux. Un peu surpris au début, ces gnomes mâtinés de farfadets conciliabulérent un instant. Charmés par cette belle nymphe satinée, ils nous firent enfin le récit de leur étrange existence. Leur aîné et chef-troll, dénommé Noéliél, prit alors la parole  dans un assez bon latin, car il avait été instruit par un curé carolingien un peu sulfureux, amateur d’antres sombres et d’alchimie noire. Cet aîné m’inquiétait un tant soit peu, car il avait l’œil fort vif et était fort empressé autour de ma belle, mais elle ne paraissait pas offusquée par ses caresses… et l’écoutait comme son confesseur.
« Depuis la nuit des temps nous vivons dans les failles, les géodes de calcite et les ruisselets de la falaise. Notre mère, après une longue période à fumer d’acres feuilles, a fini par partir creuser un long tunnel vers ce qu’elle appelait le Toit du Monde, nous recommandant de ne jamais sortir de notre havre secret où nous ne manquions de rien, grignotant par gourmandise quelques dents de cochon de temps à autre. Mais ce petit fripon de Benjamin, notre petit dernier, a retrouvé un jour un stock des feuilles magiques. Après la consommation d’un joint gros comme un pilier d’église, il a alors flotté pendant des années au-dessus de la stalagmite centrale de notre salle-à-manger troglodytique, en plein futur, nous a-t-il dit subséquemment, après être revenu un peu brutalement à notre niveau après une chute de nuage. Tout excité il nous a raconté avoir rencontré une bande de sept nains richissimes, qui creusent en chantant des galeries pleines de diamants, rêvant à leur belle Blanche Neige. Il réussit à nous convaincre de tenter l’aventure, et nous avons excavé pendant des siècles des lieues de galeries… toutes plus mornes les unes que les autres.
Mais tout à l’heure, guidés par un ronflement continu que nous suivions depuis des semaines, nous avons débouché dans une énorme cavité. Elle était presqu’entièrement remplie par la masse molle d’une roche inconnue. Hiéronimus, notre plus vaillant mineur, mais aussi une vraie tête de pioche, intrigué par un énorme sac qu’il a cru rempli de gemmes précieux, a donné en plein mile un vigoureux coup de pic ! Las, une clameur horrible et un énorme vent brûlant nous a projetés tout grillés à des verstes dans la galerie. Le sol tremblait, les stalactites pleuvaient. Une gigantesque doline aux bords carbonisés éventrait le plateau dans un paysage d’Apocalypse. Une fois sûrs de la fuite de l’horrible chose, nous sommes remontés tout meurtris vers cette clairière où nous attendons, chaque pleine lune, la belle princesse qui doit venir nous redonner notre vie réelle…et… Juste ciel, elle est là ! »
Ma mie toute émue, m’oubliant totalement, posa un tendre baiser sur le front terreux de Noémiél. Il disparut dans un tourbillon doré, une vaste caverne luisante s’ouvrit dans la roche, et tel Adam tendant la main à Ève, devenu beau et nu comme une statue de prince antique, il tendit sa main à ma mie. Avec un étrange sourire elle la prit et s’enfonça vers les délicieux plaisirs des séjours souterrains, suivie par ses frères devenus une troupe de satyres, bondissant, jouant du chalumeau et me tirant la langue avec des gestes que la morale chrétienne m’oblige à celer.
 
Nul ne les a revus en ce monde.
 
TRISTE MORALE
 
Je vous écris ces lignes du fond d’un cul de bas de fosse du château de Castelnaud, où je croupis depuis des lustres. Quand, le lendemain soir, hagard, brûlé, déchiré je suis revenu, nu, comme Adam sans Ève, au château de ma mie, tous étaient en grand émoi, en particulier le Grand Inquisiteur, pour mon malheur de passage. J’ai bien raconté mon histoire, mais personne ne m’a cru. L’énorme trou fumant, le raz de marée sur la Dordogne, les bois roussis, tout cela sentait terriblement le commerce avec le Malin. J’ai eu droit à la Question Ordinaire puis Extraordinaire, mais n’ayant rien à dire j’ai souffert atrocement sans pouvoir rien révéler. On m’a accusé d’avoir occis ma mie, pactisé avec le démon… Finalement j‘ai été condamné à l’oubli éternel, et jeté là où je croupis, terrible sentence, car chaque nuit les infâmes frères lubriques de Noémiél sortent du sol et se livrent à des actes abominables, que je ne peux que taire, car tous me croient fol.

 

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Texte et photos ÉPHÊME

(clic sur photos pour agrandir

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27 juillet 2014 7 27 /07 /juillet /2014 19:12

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Photo et texte éphême 

(  Texte présenté par Ariaga )


Les VéRITABLEs ET Horrifiques aventures de l’oublié de Marqueyssac… ou : il ne faut pas déranger le dragon ASSOuPI.

 

 Comme l’a dit le Grand Aristote dans les Prolégomènes du

 « Savoirs vivres pour survivre

 À l’usage des trolls et ivrognes souterrains »     

 Livres CLLXVIII, annexe XXVII (après boire).

 « ne jamais donner une coup de pioche dans un rocher qui bouge. ».

 

 Moi, Ephême, comte et seigneur de Ganleveker et des plages de Carantec, de Plouezoch en Freudiland, de la Motte Cachée Fendue de Jung du Fou, de la Baronnie des Grands Varechs de Dolto …. et autres lieux découvrant à marée basse, je vais vous narrer, les cheveux toujours dressés sur mon crâne encore ruisselant de rivières de sueurs glacées, ma périlleuse nuit sur les terres de mon amie, jusqu’à ce jour funeste seigneure de ces lieux maudits.

 

éPISODE PREMIEr

 

J’étais parti visiter mon alors peu illustre, mais si tendre à mon cœur, si modeste et si brillant taiseux, le chauve Michel Eyquem, ami de collège, discret bon buveur et bon baiseur. Parti de ma Bretagne, je faisais escale chez une mie amie très chère, au bord de la Dordogne, fort accorte veuve. La lune venue nous partîmes vaquer en tenue légère dans les buis des jardins de son joli château de Marqueyssac.

                  nous allions doucement vers une tendre partie de bête à deux dos sur le doux lit de feuilles d’une clairière, quand un atroce et monstrueux fracas emplit les bois noirs, le sol devint houleux, les arbres tremblèrent. Apeurés nous grimpâmes dans un gros cade que Dieu nous avait providentiellement mis là, vêtus de nos seules chausses en tirebouchon, vite abandonnées dans la montée. Une gigantesque bête infernale, monstrueuse, hérissée d’énormes piques terreuses, grosses comme des troncs d’arbres et pointues comme les flèches de l’envie, bête si horrifique que seul Lucifer avait pu féconder sa génitrice dans un instant d’ivresse, donc la dite créature jaillit d’une immense faille fumante au pied de notre arbre où nous étions tremblants en notre état de nature, et bien trop terrorisés pour penser à autre chose que de cacher nos fesses au plus haut des branches.

 

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La bête jurait dans une langue horrible, que ma très fort savante maîtresse reconnut comme du vieil hébreu, preuve de l’ancienneté de ses géniteurs. Elle parlait d’un atroce coup dans ses génitoires, que sa douce maman  crétacée avait pourtant bien mignotées, après l’avoir cachée là, au cœur d’une cavité insondable, lors d’un cataclysme abominable, et lui avoir fait fumer un joint du feu de Dieu pour calmer son gros bébé apeuré. Depuis ce temps elle hivernait dans cette douce cavité, mais  l’atroce douleur l’avait fait jaillir hors de la roche, ivre de vengeance : ma mie avait bien vu une lourde pioche bien plantée dans son énorme bourse, où deux bœufs auraient pu dormir. Or ma mie intrépide aux si doux seins descendit de l’arbre en tenue d’Ève, et ses cils vacillant, dit à la bête en bon vieil hébreu : « Beau seigneur, j’ai vu des vilains dégringoler vers la rivière, se moquant de vos génitoires de poule. Allez les punir, car c’est grande offense envers vous ». Ulcéré, le monstre se précipita vers la Dordogne, son cul jetant à chaque bond de petites flammes poussives, écrasant quelques vaches au passage, et se jeta à l’eau du haut de la falaise, provoquant une crue inouïe qui noya tous les croquants de la vallée jusqu’en Amérique… et lui-même, car il ne savait pas nager ...

ÉPHÊME

(à suivre)

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7 septembre 2013 6 07 /09 /septembre /2013 16:08

galaxie pour étude.jpg

 M74 alias NGC 628 ; crédit image : NASA, ESA, Hubble

 Et alors ...

Nous sommes partis sur les fils infinis qui tissent l'imaginaire, au delà des frontières de l'Homme.

Nos cellules, frémissant de la mémoire de l'univers, notre pensée explosée en rameaux infinis, nous avons parcouru les mondes de l'Absolument Autre.

Voyageant de galaxies en galaxies, nous avons vu, même si cela ne s'appelait plus voir, nous avons vu naître et mourir des étoiles.

Nous avons traversé, à chaque fois transmutés en poussières d'étoiles de plus en plus fines, des tempêtes de feu, des explosions, des trous noirs cannibales.

Quand des bras spiralés nous ont enveloppé et entraîné vers la source de la lumière, au delà de la galaxie, ce fut l'ultime évasion, celle qui ne se raconte pas.

 Ariaga et Lechantdupain

C'est ainsi que se termine le grand voyage du navire l'ÉVASION, du cimetière des bateaux aux confins des galaxies

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30 août 2013 5 30 /08 /août /2013 20:00

 

Ariaga 1 Saturne vu dans le plan des anneaux.jpg

Saturne vu dans le plan des anneaux

Plus rien ne fait obstacle à nos explorations et, voyageurs sans limites de l'Imaginaire, pilotés par Lechantdupain, nous nous approchons de Saturne. La planète géante large de 120 000 kilomètres à son équateur se dresse majestueuse, en or et azur, dans l'ombre des anneaux.

 

Ariaga 2 Les petites lunes Daphnis et Pan.jpg


Les petites lunes Daphnis et Pan orbitent au sein du plan des anneaux


Devant le spectacle inouï des anneaux orbitaux ornés des joyaux de leurs lunes timides nous restons silencieux et venues des profondeurs des siècles nous croyons entendre les pleurs de Daphnis et Pan , amoureux condamnés par la gravité à ne jamais s'unir. 

Tristesse et mélancolie se répandant sur le pont, la Capitaine, pour faire diversion, propose une partie de patinage sur les anneaux. Une piste glacée de 250 000 kilomètres de large, pour rire et se dégourdir les jambes c'est le rêve ..

Surtout pas, grimace Lechantdupain, les anneaux ne sont qu'un conglomérat disparate de blocs de glaces s'assemblant et se séparant au fil du temps ! Pour le patinage, j'ai une autre idée ...


Ariaga 3 Encélade vue d'ensemble.jpg

Encélade vue d'ensemble

Et nos yeux éblouis découvrent un objet, tellement brillant que l'on croirait voir un diamant. Il est enchâssé, comme un bijou, dans des griffes bleues.  Tant de beauté, ce ne peut être qu'un rêve …
Notre guide nous présente le Géant Encelade, une  lune de Saturne entièrement recouverte de glace. Les lignes de fractures visibles en bleu plus vif, sur le pôle Sud, sont surnommées, au vu de leur forme, "la griffe du tigre".
Alors que l’Évasion entame une manœuvre de contournement pour l'atterrissage, Lechantdupain, mystérieux et souriant, nous apostrophe : « Compagnons de voyage, retournez-vous et contemplez le spectacle le plus étonnant de tout le système solaire !".

Ariaga 4 Encélade vue d'ensemble.jpg

Encélade, geysers glacés


Et à notre grand étonnement, apparaissent à contre jour, s'élevant de la griffe du Tigre récemment survolée, d'immenses geysers sur des centaines de kilomètres de hauteur ! Il y a un océan liquide sous la croûte glacée du géant, commente Lechantdupain, l'eau retombe en partie sur sa peau. Cette glace fraîche explique pourquoi il est l'un des objets les plus brillants connus. Le patinage est un plaisir sur Encélade mais attention aux failles qui lézardent la surface, elles ont plusieurs kilomètres de profondeur !

Mais plus rien ne nous fait peur. Nos corps respirent autrement, nos pensées mutantes générent des désirs fous.  Ariaga, la capitaine, s'écrie en poétisant : "Je goûte un morceau de lune, de la lune de saturne, au parfum geyser salé"... Alors tous veulent se nourrir du riche liquide. Cela doit les enivrer car certains se laissent enlever par la force des geysers et d'autres plongent dans les profondeurs des failles à la recherche de nouvelles formes de vie sous marine . Lechantdupain commence à briller comme une étoile et nous entraîne vers l'inconnu en criant : "Évadons nous toujours plus loin...toujours plus loin ..."

Ariaga et Lechantdupain

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24 août 2013 6 24 /08 /août /2013 19:11

Mars en approche.jpg
.
Mars en approche ; crédit image : ESA

Le voyage ne dure qu'un instant. Notre vaisseau spatial vogue à la vitesse de la pensée et Lechantdupain, dont l'astroport  propose des voyages jusqu'aux confins de l'univers, a choisi, pour ne pas trop nous dépayser, une destination qui, si on excepte le climat peu agréable, offre des lieux d'excursion assez semblables à certains paysages terrestres. Il s'agit de la planète Mars, très à la mode en ce moment.

Nous voici en approche, à environ 240000 kilomètres de la planète rouge. Certains passagers, par habitude, sortent leur appareil photo. Ils oublient qu'ils vivent cette odyssée fantastique à l'intérieur d'eux-mêmes, dans leur propre imagination. Il est difficile de quitter le connu pour l'inconnu.

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Mars, Olympus Mons, vu de l'espace, crédit image : NASA et autres

Nous nous somme rapprochés de la planète et nous contemplons le plus grand volcan du système solaire, Olympus Mons. Sa base est équivalente à la surface de la France et il culmine à plus de 22 kilomètres au dessus des plaines environnantes.  Quelques blasés affirment tout de même que, finalement, ce n'est qu'un volcan, juste plus haut !


Mars, Olympus Mons, falaise d'accès.jpg

Mars, Olympus Mons, falaises d'accès, crédit image : ESA et autres

Encore plus près, nous sommes impressionnés par cette  falaise d'accès au volcan. Un dénivelé de six kilomètre de hauteur ! Nous avons ainsi une magnifique vue sur Olympus Mons dont la dernière période d'activité est estimée à 200 millions d'années. Un rien à l'échelle du temps de l'univers.


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Mars traces de geysers dans un champ de dune, crédit image : NASA et autres

Autre émerveillement, ces traces de geysers dans un champ de dune de sable. Le spectacle se renouvelle chaque printemps, lorsque la glace de gaz carbonique déposée en hiver, se réchauffe et se sublime brusquement dans l'atmosphère martienne.


Mars, dust-devil.jpg

Mars, dust-devil, crédit image : NASA et autres

Aux beaux jours, quand il fait moins froid ... des dust-devils arpentent les grandes plaines martiennes. Ce tourbillon de poussière possède un diamètre de 70 mètres au sol et s'élève à une altitude de 20 kilomètres. Les blasés du tourisme en restent muets ...

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Mars, Melas Chasma, crédit image : ESA et autres

Et bien sur, nous voici sur un lieu incontournable : Valles Marineris, le grand rift martien qui s'étend sur 4 000 kilomètres ! Ici nous contemplons le brusque ravin descendant des plateaux environnants sur 9 kilomètres de hauteur vers une des vallées alimentant Valles Marineris : Melas Chasma.

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Mars, sourire, cratère Galle, crédit image : ESA et autres

 Nous devons apprendre à quitter le vaisseau pour vivre pleinement notre voyage imaginaire. Et c'est avec le sourire d'adieu de Mars que nous repartons pour de nouvelles aventures, plus lointaines ... La suite au prochain numéro !

 

Ariaga et Lechantdupain

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22 août 2013 4 22 /08 /août /2013 16:18
L'ÉVASION vaisseau de l'espace

Etoiles dans la Carène.jpg

Étoiles dans la Carène ; crédit image : ESO, F. Milour et autres

Un grand silence et un peu d'ennui planent sur l'Évasion.
Les bateaux en bouteille se font plus rares, nous en avons délivré tellement. Nous sommes loin du Pérou, la visite du Musée Imaginaire nous laisse pensifs et muets. Les tziganes sont repartis, emmenant avec eux une partie du sens du Voyage.
La nuit est chaude. Tous les voyageurs de l'imaginaire sont montés sur le pont à la recherche d'un peu de fraîcheur pour contempler la voûte étoilée. C'est tellement grand et beau que la terre semble un grain de sable ; tous ressentent une aspiration vers l'infini. Ce besoin doit être une force de création très puissante car, vous ne me croirez peut-être pas mais c'est vrai, des événements extraordinaires surviennent.
Nous somme éblouis par des lumières incandescentes, nous nous sentons à la fois dedans et dehors de nos corps. Un immense hublot s'ouvre aspirant l'Évasion qui devient un immatériel vaisseau spatial nous emportant tous dans un ultime voyage cosmique.
La peur pourrait s'emparer des voyageurs mais un homme providentiel apparaît qui va nous guider. Il s'appelle LECHANTDUPAIN.

Ariaga

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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 11:26

5 détail masque SICAN.jpeg

 Le Grand Chamane pense, en effet, à son seigneur divin parti pour sa renaissance, sous son masque d’or solaire que le cinabre vivifie  de son sang divin, ceint de sa couronne de Guerre ornée d'une chauve-souris qui le protége des Esprits et épouvante ses ennemis.

1 masque SIPAN.jpeg

Des masques multiples avaient été déposés autour de sa dépouille, certains inquiétants, visages simiesques à la dentition de jaguar.

 

11 masque mortuaire pré-inca.jpeg                                                                  

D’autres étaient d’une simplicité énigmatique, leurs yeux ronds écarquillés sur le néant.

 

20 disque d'or pré-inca.jpeg


De précieux disques d’or entouraient le seigneur, divinités grimaçantes repoussant les démons.

                                                                     

19 couronne royale pré-inca.jpeg

Des parures d’apparat  disposées auprès de lui étaient destinées aux fêtes d’outre-tombe, avec ses femmes et serviteurs.

18 prisonnier avant l'exécution.jpeg



Après les combats rituels le prisonnier dénudé et ligoté attendait avec morgue son exécution qui allait sceller sa rencontre avec ses Dieux.



21 Crâne Seigneur Sican.jpg                                                                    

Mais le Grand Chamane savait que son seigneur couvert d’or imputrescible et de cinabre gorgé de sang céleste allait lui aussi partir en poussière.

6 poterie moche.jpeg

 

Sans un mot le petit paysan anonyme regardait les fastueuses funérailles des grands seigneurs de Sican, de Sipan ou d’ailleurs, toujours plus grandioses au fil des siècles et des cultures. Il était certain que, pour lui, ce serait un trou dans le sable avec, pour tout viatique, au mieux un maigre linceul de coton et une petite poterie.

 

Texte et photos ÉPHÊME

Proposé par Ariaga

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13 août 2013 2 13 /08 /août /2013 12:05

Je me trompais, je croyais que ÉPHÊME, après nous avoir propulsé vers le Pérou, considérait qu'il n'avait plus rien à faire que de s'amuser dans son lieu préféré, la cale du navire. Je le croyais uniquement occupé à chanter, vider des bouteilles, mettre des tonneaux en perce et concocter avec Mariedumonde et la Gaillarde Conteuse d'étranges tisanes. Mea culpa ! Il rassemblait ses souvenirs de la visite des musées péruviens pour nous permettre de les visiter ...presque en vrai, l'imagination faisant le reste.

Ariaga

 Au fond de la cale, entre deux libérations-libations de vaisseaux embastillés, je méditais de nouveaux voyages imaginaires, au cœurs des raides vitrines des fabuleux musées péruviens. Là des vies oubliées me regardaient de leurs yeux éteints pleins d’espoirs de renaissance, puissants comme humbles figés dans les doutes du néant.

Ces portraits des êtres vivants du peuple Moche, Lambayeque, Chimu, Cupisnique, Viru… aux noms magiques, tous ces gens dégorgeant de vérité, de douleurs et de doutes, figés pour l’éternité, délicates fragiles céramiques sont les témoins de l’activité grouillante de ces précolombiens vibrionnant de désirs et de craintes, offerts à côté d’eux aux morts pour revivre avec eux. Ils sont enfermés derrière leurs murs de verre, comme nos bateaux en bouteille. Eux sont des vases magiques gorgés d’espoirs. Nous ne pouvons que percevoir leurs souffles, leurs rires et leurs détresses. Mais aidé par la magie de l’Évasion, j’ai doucement brisé leurs prisons transparentes et ils sont venus m’entourer et me murmurer à l’oreille leurs désirs de vie éternelle, au milieu des danseurs flamboyants du pont de l’ÉVASION.

 

7femme et la mort.jpeg


La première tendre tentatrice m’a susurré que ses douces caresses au squelette  raide n’étaient que des offrandes aux esprits des morts venus l’épouvanter, pour rester chez les vivants.

3 femme moche.jpeg

Sur la place close du village enfermé dans ses murs d’adobe est apparue hautaine la noble méprisante dans ses voiles transparents. Les paysans la couvaient des yeux, murmurant des quolibets obscènes,

12HOMME MOCHE.jpeg   tandis qu'elle suivait son suffisant seigneur, goguenarde pintade chaloupée, que fixaient en douce les paysannes aux formes fermes, candidates pour sa nuit prochaine. 

8 simplet moche.jpeg

Le simplet toujours rigolard, si proche des dieux, était le seul à ne pas devoir se prosterner.

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Son ami, rongé par la douleur atroce de la tumeur qui lui dévorait la face devait, lui, se plonger dans la poussière.

13copulation animale.jpeg

Devant tous, dans un rut innocent, un rat paillard et gourmand s’accouplait avec sa rate déçue de ne pouvoir avoir un grain de maïs en dessert !

14 copulation hétérosexuelle.jpeg

Tous pensaient au seigneur abusant de ses paysannes .

 

16 homme moche.jpeg

Mais le  frère du seigneur temporel, le Maître spirituel des lieux, le Grand Chamane des Morts, respecté des vautours aux squelettes des fardos, regardait le Dieu Soleil descendre se noyer dans l’océan, ses yeux pleins des doutes de l’homme devant son dernier vol.

Texte et photos ÊPHÊME

À suivre ...

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9 août 2013 5 09 /08 /août /2013 15:20

vers le soleil.jpg

L'équipage de l'ÉVASION, réclamme une chanson de bord pour avoir le coeur à l'ouvrage pendant les manoeuvres. Je commence mais on peut toujours ajouter des couplets.

 

Brisons de notre étrave, les murs et les barreaux,

Et soulevons ensemble, le fardeau de souffrance,

De tous les rejetés.

Chantons, chantons, le gai chant d'l'Évasion,

Hissons, hissons, les bouteilles sur le pont.

 

Mettons à la poubelle, les mots gros mots qui condamnent,

Voguons vers l'horizon, où brille la lumière,

De la fraternité.

 Chantons, chantons, le gai chant d'l'Évasion,

Hissons, hissons, les bouteilles sur le pont.

 

Nous sauverons les mers, achetées à crédit,

Et le sang de la terre, pompé par les marchands,

Ces infâmes vampires.

Chantons, chantons, le gai chant d'l'Évasion,

Hissons, hissons, les bouteilles sur le pont.

Ariaga et les autres passagers

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