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14 novembre 2025 5 14 /11 /novembre /2025 16:07

"Le Grand Art étant celui de notre transformation, c'est en Artiste que nous agirons. Apprendre à lire la Nature, c'est apprendre à lire notre propre nature hermétiquement fermée par instinct de conservation et qui doit s'ouvrir lentement ... comme une fleur.

L'épreuve, quelle qu'elle soit, est purification. Elle est ce qui permet de nous apprendre à nous connaître. Elle ne doit pas être subie mais traversée, afin d'en éliminer la part égoïste et d'en découvrir parfois l'origine en soi-même. Une des épreuves les plus importantes est la solitude, car c'est justement dans la solitude que nous pouvons, le mieux, acquérir cette connaissance de soi. "Personne ne peut connaître Dieu s'il ne s'est d'abord connu lui-même", dit la Philocalie. C'est une opération chirurgicale (qui fait toujours peur), dont nous parle C.G. Jung dans Les Racines de la Conscience. Nous voici face au détachement des passions, à l'esprit de discernement, à la sobriété, au silence, à la vigilance qui mène à l'éveil, à l'humilité, donc à l'approche positive de la vie.

Alors les métaux nobles commencent à se vivre en nous : l'argent, reflet lunaire, nocturne, féminin, l'albedo ; (ne parle-t-on pas de la Pierre de lune recherchée par les Sages, et qui correspond au lien établi entre le conscient et l'inconscient ?) Puis vient l'or, solaire, rubedo, symbole de multiplication. Plus nous multiplions les "relations" de façon juste, plus nous pouvons parler d'or liquide : nous pouvons le donner à boire aux autres.

Il s'agit là de la matérialisation de la spiritualité, dont la preuve est la joie. Le moi est mort, le Vivant rayonne à sa place. Pourquoi va-t-il rayonner ? Parce qu'il est habité du feu solaire, un feu caché qui est Amour, toujours à la recherche de l'harmonie en soi, qui permet de vivre à l'harmonie extérieure. L'expérience est la seule réalité. Elle n'est ni physique, si émotionnelle, ni intellectuelle ; elle n'est ni vision, ni discours, mais évidence intuitive menant à la certitude du dedans."

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30 septembre 2025 2 30 /09 /septembre /2025 16:42

Le Soi est notre totalité psychique, faite de la conscience et de l’océan infini de l'âme sur lequel elle flotte : Mon âme et ma conscience, voilà ce qu'est mon Soi, dans lequel je suis inclus comme une île dans les flots, comme une étoile dans le ciel.

Ainsi le soi est infiniment plus vaste que le moi. S'aimer soi-même, ce serait être aimer cette totalité, à travers laquelle on aimerait l'humanité toute entière. Il est impossible d'aimer quiconque, si on se hait soi-même.

C.G. JUNG, L'Homme à la découvert de son âme, p. 330

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14 août 2025 4 14 /08 /août /2025 17:23

"Mon langage est imparfait. Ce n'est pas par désir de briller avec des mots, mais par incapacité à trouver ces mots que je parle en images. Car je ne peux pas exprimer autrement les paroles des profondeurs." Le Livre Rouge p. 145

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6 août 2025 3 06 /08 /août /2025 11:24

Je ne compte plus les fois où je me suis immergée dans le Zarathoustra de Nietzsche et me voilà encore repartie pour cette aventure. En effet, je me suis aperçue que je n'avais pas, ou peu, pris conscience du fait que cette œuvre unique demande un décodage ou plutôt des décodages. Il y a des strates d'interprétations possibles, des obscurités, des pièges dus aux multiples allusions à des faits personnels, l'humour de Nietzsche , son désir d'écrire un livre "pour tous et pour personne". Je crois aussi que j'étais trop prise par des recherches sur l'influence de Nietzsche sur l’œuvre de Jung.

Du temps a passé et alors que j'entendais sans l'entendre un passage du Zarathoustra lu à la radio un déclic s'est fait en moi au sujet des obscurités et contradictions que l'on reproche à cet immense poème philosophique. Nietzsche, je crois, procède à la façon des anciens alchimistes du Moyen-Âge. Il s'avance masqué dans un labyrinthe procédant par allégories et métaphores, formules cabalistiques, réitérations, significations multiples, allusions ... le lecteur doit travailler pour trouver les réponses sans être jamais certain que le résultat est le bon car Nietzsche aime bien l'égarer. Je pense aussi à tout ce bestiaire , aigle, serpent, vache et d'autres qui rappelle celui des ouvrages hermétiques. Et voilà il faut relire pour vérifier cette intuition.

Les alchimistes disaient : "Notre Art est musique" et le texte de Nietzsche est aussi très musical. Comme mes connaissance en allemand son très insuffisantes je rêverais que pendant cette relecture, en traduction, un homme très séduisant (quand on rêve pourquoi se priver !) me dise à l'oreille le texte original. Quel beau fantasme ...

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11 juin 2025 3 11 /06 /juin /2025 12:27

Dans le laboratoire de notre vie spirituelle les matériaux avec lesquels nous devons travailler sont ceux de la vie quotidienne et de la relation aux autres.

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9 juin 2025 1 09 /06 /juin /2025 16:48

 

 Le fait de rêver souvent n'a en soi rien d'anormal. Beaucoup de gens ont une vie onirique très active, sans que l'on puisse dire que ce soit en rien extraordinaire ou pathologique. Par contre, lorsque des gens qui rêvent habituellement très peu entrent dans une phase où ils rêvent beaucoup, on peut en conclure sans risque d'erreur qu'il s'est produit une sollicitation anormale de l'inconscient, d'ordinaire en raison de l'existence d'une situation problématique qui n'est ou pas bien comprise, ou pas maîtrisée par l'intéressé. Dans ces cas-là on peut dire que l'inconscient aurait toute sorte de choses à apporter à la vie consciente, à condition toutefois que la conscience comprenne ce que veut dire l'inconscient. Une telle activation de l'inconscient n'est pas non plus en soi un fait pathologique. C'est seulement quand le rêveur est grandement perturbé par les rêves, par exemple dans son sommeil, et que de surcroît il se sent nerveux durant la journée, que l'on peut parler de trouble de l'équilibre mental. Mais même cela ne constitue toujours pas un fait inquiétant, car l'équilibre peut pendant quelque temps être troublé fréquemment sans qu'il faille pour autant craindre des dommages importants.


C.G. Jung, Correspondance, tome 1, p. 240-241 (Lettre à un correspondant allemand du 21 décembre 1934)

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28 mars 2025 5 28 /03 /mars /2025 16:05

 

" J'ai travaillé pendant seize ans à ce livre. La rencontre avec l'alchimie, en 1930, m'en a détourné. Le début de la fin arriva en 1928, lorsque Richard Wilhelm m'envoya le texte de la Fleur d'Or, un traité alchimique. Le contenu de ce livre trouva alors le chemin de la réalité et je ne pus plus continuer d'y travailler. Cela pourra apparaître comme une folie à l'observateur superficiel. Et cela en serait devenu une si je n'avais pas su saisir et capter la force grandiose des expériences originelles. Grâce à l'alchimie j'ai pu finalement les intégrer dans un tout. J'ai toujours su que ces expériences-là renfermaient quelque chose de précieux, et c'est pourquoi je n'ai rien trouvé de mieux que de les consigner dans un livre "précieux", c'est à dire couteux, et de dessiner les images qui surgissaient lorsque je revivais ces expériences - aussi bien que possible. Je sais à quel point cette entreprise était terriblement inadéquate mais malgré un travail très prenant et tout ce qui me détournait d'elle, je lui suis resté fidèle, même si jamais une autre /

                         possibilité          "

En 1959, deux ans avant sa mort, dans une postface au Livre Rouge (p.619)Jung explique pourquoi il a brusquement cessé d'y travailler à cause de sa rencontre avec l'alchimie. Le texte s’interrompt subitement.

Ariane Callot

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17 mars 2025 1 17 /03 /mars /2025 15:37

C.G. JUNG écrit :

" Dès lors que l'archétype est sollicité en un certain lieu, il est aussi activé comme un tout, c'est à dire partout simultanément, car il est universel et reste donc identique à lui-même  toujours et partout. C'est pourquoi un vieil alchimiste pouvait consoler un de ses disciples en ces termes : " Quels que soient ton isolement et la solitude que tu ressens, si tu fais vraiment et consciencieusement ton travail, des amis inconnus viendront te chercher. "

Il me semble que jamais aucune réalité essentielle n'a été perdue car la matrice correspondante reste présente en nous, et de là  elle veut et peut renaître lorsque c'est nécessaire. Mais seuls peuvent la recouvrer ceux qui ont appris l'art de détourner leurs yeux de la lumière aveuglante de l'opinion commune et leurs oreilles du bruit des slogans éphémères. " (p. 206, Correspondance, V).

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14 janvier 2025 2 14 /01 /janvier /2025 16:55

 

Dans transmutation il y a mutation ce qui implique un déménagement. Je ressens fort l'importance du terme mutation. Je suis mutée, par ordre du Cosmique, en un autre lieu où je suis appelée à une autre vie, à d'autres relations, à un autre service envers autrui. La transmutation, changement d'une chose en une autre n'est pas, dans le cas de mon déménagement, une altération de la forme de mon corps mais une autre manière d'être extérieure et intérieure. On pourrait faire un rapprochement (un peu hardi!) avec cette transmutation de valeurs (unwertung) qui est plutôt une transvaluation, dont parle Nietzsche. C'est la promesse d'une vie nouvelle.

Je crois que l'on pourrait aussi dire que, comme pour l’œuvre alchimique, il y a dans le déménagement, dont le but est l'inatteignable installation parfaite dans le nouveau lieu, des degrés. Cela ne se passe pas toujours dans l'ordre car, dans mon cas, la distillation, cinquième degré sur les sept, a précédé le premier degré, la calcination. En effet, J'ai pour habitude, quand je déménage, de me séparer de la moité de ce qui ce trouve dans les placards (hors livres) car, en regardant bien, je m'aperçoit que c'est parfaitement inutile.  C'est une forme de distillation !

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12 décembre 2024 4 12 /12 /décembre /2024 11:51

 

" Voyez vous, je me regarde moi-même, dans le silence de Bollingen, avec bientôt huit décennies d'expérience de la vie, et je suis obligé d'avouer que je n'ai pas trouvé de réponse claire à la question que je suis. Je suis et je reste dans le doute sur moi-même, et cela d'autant plus que j'ai davantage essayé d'exprimer des choses précises. Tout se passe comme si, ce faisant, on s'éloignait encore plus de la connaissance de soi même ! "

C.G.Jung

(Correspondance, t.III, p.233)

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