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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 15:19

Société,Clément Rosset, livres,citations, philosophie,écritre,culture

Je relis en ce moment un livre de Clément ROSSET (philosophe né en 1939 et décédé en 2018) intitulé Le réel et son double (Gallimard). J'ai eu la chance de suivre ses cours à la faculté de Nice et, avec Spinoza et Edgar Morin,  il est un de ceux qui m'ont le plus influencée. J'ai toujours aimé ceux qui ne reculent pas devant les obstacles et voici ce qu'il écrit (p.106) :

" ...La sécurité est un piège qui achève de lier le héros tragique à son destin et d'enfermer l'homme en lui même. La mise à l'abri, l'esquive s'expriment par un geste qui constitue précisément, et de toutes pièces, le dommage dont on voulait se garer. C'est en voulant éviter de tuer son père qu’Oedipe se précipite sur la voie du meurtre, c'est en voulant à tout prix être un autre que l'homme se confirme habituellement en lui même. De sorte que la sécurité dont se croit protégé celui qui a entrepris d'esquiver son destin constitue le lieu exact de sa perdition. L'ailleurs apparent n'est autre que l' ici dont on se croyait éloigné, et la protection sur laquelle on comptait se révèle comme ce qui a justement causé la perte ; telle la montre du pêcheur, dans la Descente dans le Maelström d'Edgar Poe, qui doit signaler l'heure dangereuse de la marée et dont on s'aperçoit trop tard qu'elle s'est arrêtée à sept heures. La fausse sécurité est plus que l'alliée de l'illusion ; elle en constitue la substance même et est au fond l'illusion en personne, comme le dit Hécate dans Macbeth : " La sécurité est la plus grande ennemie des mortels. ""

Alors, arrêtons de nous abriter derrière des peurs plus ou moins réelles et faisons face courageusement à l' ici et maintenant de la vie.

Ariaga (Ariane Callot)

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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 11:03
IMG_2266_4.jpg

Photo Ariaga

 

Dans la transparence des gouttes de pluie,

pendant ma transhumance imaginaire vers un soleil mouillé,

dont l'or brillait entre les gouttes,

soleil du Diable qui bat sa femme parce qu’elle est trop belle,

j'ai cru apercevoir, derrière le miroir,

là où l'horizon se retire au fond du ciel,

le reflet d'une ville engloutie,

dont la respiration

faisait comme une brume au dessus de la mer.

 

Aurai-je le courage de tenter le voyage,

vers la cité perdue dont tinte encore la cloche,

pour ceux qui savent entendre ?

Ariane Callot

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11 mars 2022 5 11 /03 /mars /2022 10:50

Voyage imaginaire,photo,nature,rêve,art,philosophie,alchimie,Ariaga

 Photo Ariaga

Les forces de Dame Nature, secondées par les petits êtres de la forêt, ont creusé une porte qui ouvre vers l'inconnu. Qu'allons nous y trouver ?

Ariane Callot

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 12:29
Mare sur une plage bretonne.jpg

Sur la plage, tout vibrant d'étonnement devant le monde qui s'offre à lui, l'enfant contemple une mare enfermée dans sa frontière de rochers. Il ne voit pas les limites, seulement ce lieu enchanté où s'agitent crevettes et minuscules poissons, où le soleil joue avec l''eau. Il pénêtre cette mare de tout son regard et pour lui  cette petite surface d'eau de mer abandonnée par la marée est aussi importante que tout l'univers. Elle est l'univers.

Redevenir cet enfant émerveillé, oublier les questions et les portes...

Ariaga (Ariane Callot)

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17 janvier 2022 1 17 /01 /janvier /2022 11:53
 
Exploser de couleur
ouvrir grand en son cœur
une fenêtre sur la mer
et partir à la pêche aux rêves
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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 15:37
Angelus Silesius sur l'alchimie

 

Les références à l'alchimie sont fréquentes chez Angelus Silesius. Elles sont de nature symboliques, spirituelles et naturellement poétiques puisque "Le pèlerin chérubinique", d'où j'ai extrait les citations que je vais donner a été écrit en vers, traduits ici par Camille Jordens. (ed. du Cerf et Albin Michel).

Quelques indications : Contemporain de Pascal, médecin, poète, mystique allemand (I624-1677), classé parmi les baroques. Il a écrit "Le pèlerin chérubinique", considéré comme son chef-d'oeuvre, à l'âge de trente-trois ans. 

Angelus Silesius donne des numéros et des titres à chacun de ses courts textes. Enfin, la "teinture" dont il est question a, comme tous les termes alchimiques, de nombreuses significations. Cependant, elle est le plus souvent associée aux couleurs des phases en alchimie, et aussi au dernier degré de la transmutation des corps naturels qui "conduit à la perfection toutes les choses imparfaites". (Pernety). Je vous laisse deviner le sens symbolique qu'elle avait pour Angelus. 

        66. Mon cœur est le foyer de Dieu.

Si Dieu est véritablement feu, mon cœur est son foyer

Où il consume le bois de la vanité.

 

        102. L'alchimie spirituelle. 

Alors seulement le plomb se change en or et le hasard s'écroule,

Quand je suis avec Dieu métamorphosé par Dieu en Dieu.

 

       103. Encore là-dessus

Moi-même je suis métal, l'Esprit est feu et fourneau 

Le messie la teinture, qui auréole corps et âme. 

 

        104. Encore toujours là-dessus.

Dès que je puis être fondu au feu de Dieu,

Aussitôt Dieu m'imprime son être même.

 

        244. L'amour est la pierre philosophale.

L"amour est la pierre philosophale : elle sépare l'or de la boue,

Elle fait de rien quelque chose, et elle me transmue en Dieu.

 

         246. La teinture.

L'Esprit-Saint fond, le père consume,

Le Fils est la teinture qui aurifie, auréole. 

 

        257. La trinité dans la nature.

Que Dieu soir Trois en Un, chaque herbe te le révèle :

On y trouve un amalgame de soufre, sel, mercure.

 

(Troisième livre)

        118.  La pierre philosophale est en toi.

Homme, limite-toi à entrer en toi même. Car pour trouver la pierre philosophale, il n'est pas requis de voyager en pays lointain.

 

        120. La meilleure teinture. 

Je le tiens pour un maître confirmé de la teinture, 

Celui qui par amour pour Dieu transmue son cœur en l'or le plus fin.

(photo Ariaga)

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 17:08
Rolande Biès : Apprendre à lire la Nature

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Photo Ariaga

 

Je vous propose ce dernier texte de Rolande Biès sur l'alchimie.

***

Le Grand Art étant celui de notre transformation, c'est en Artiste que nous agirons. Apprendre à lire la Nature, c'est apprendre à lire notre propre nature hermétiquement fermée par instinct de conservation et qui doit s'ouvrir lentement ... comme une fleur.

L'épreuve, quelle qu'elle soit, est purification. Elle est ce qui permet de nous apprendre à nous connaître. Elle ne doit pas être subie mais traversée, afin d'en éliminer la part égoïste et d'en découvrir parfois l'origine en soi-même. Une des épreuves les plus importantes est la solitude, car c'est justement dans la solitude que nous pouvons, le mieux, acquérir cette connaissance de soi. "Personne ne peut connaître Dieu s'il ne s'est d'abord connu lui-même", dit la Philocalie. C'est une opération chirurgicale (qui fait toujours peur), dont nous parle C.G. Jung dans Les Racines de la Conscience. Nous voici face au détachement des passions, à l'esprit de discernement, à la sobriété, au silence, à la vigilance qui mène à l'éveil, à l'humilité, donc à l'approche positive de la vie.

Alors les métaux nobles commencent à se vivre en nous : l'argent, reflet lunaire, nocturne, féminin, l'albedo ; (ne parle-t-on pas de la Pierre de lune recherchée par les Sages, et qui correspond au lien établi entre le conscient et l'inconscient ?) Puis vient l'or, solaire, rubedo, symbole de multiplication. Plus nous multiplions les "relations" de façon juste, plus nous pouvons parler d'or liquide : nous pouvons le donner à boire aux autres.

Il s'agit là de la matérialisation de la spiritualité, dont la preuve est la joie. Le moi est mort, le Vivant rayonne à sa place. Pourquoi va-t-il rayonner ? Parce qu'il est habité du feu solaire, un feu caché qui est Amour, toujours à la recherche de l'harmonie en soi, qui permet de vivre à l'harmonie extérieure. L'expérience est la seule réalité. Elle n'est ni physique, si émotionnelle, ni intellectuelle ; elle n'est ni vision, ni discours, mais évidence intuitive menant à la certitude du dedans.

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 17:00
Rolande Biès et la pratique de l'alchimie

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Photo Ariaga

 

Voici un second texte de Rolande Biès extrait de ses "Lettres des amis de l’alchimie" . Ce texte est de Novembre 1995.

"L'Alchimie est un chemin d'éveil : en faire l'expérience ne sépare pas des activités quotidiennes mais les éclaire d'un jour nouveau.

Ce qui peut alerter notre curiosité, c'est que cette pratique est enseignée de mille et une manières aussi bien en Occident (voir les dix "échelons" de Saint Jean de la Croix) qu'en Orient (voir les dix "étapes", dans le différents bouddhismes : dans le Ch'an, ou Zen, le dressage du buffle, dans le Taoïsme, celui du cheval, dans le bouddhisme tibétain, celui de l'éléphant. Ces animaux représentent le mental, si difficile à domestiquer.

Dans l'Alchimie spirituelle, il s'agit aussi du dressage de l'être humain émotionnel tout entier, afin que celui-ci se spiritualise.

Bien entendu, il nous faudra passer par des métaphores afin d'obtenir cet éveil : les rêves nous y aideront avec élégance et grossièreté. Grâce à une vigilance constante, nous déposerons notre orgueil sur les rives du ruisseau de vie qui s'écoule sans cesse. Il s'agit bien d'une pratique.

Lorsque nous parlons des "étapes", nous voulons dire les diverses parties de nous-mêmes correspondant aux plans de conscience de notre corps, qui peuvent alors s'illuminer les uns après les autres pour faire finalement un "éveillé", c'est-à-dire un être VRAI, complet, réalisé, ayant mis en acte toutes ses possibilités, par opposition à un être apparent dont la majorité se contente. Nous verrons chaque étape en détail,, pour ne pas nous tenir aux "paroles gelées", comme dit Rabelais.

Mais comme entrée en matière, voici un rêve, court, qui indique le chemin à suivre à tel directeur de banque arrivé à un tournant de sa vie : "On lui disait qu'il était urgent de faire un emprunt à la banque Humo".

Cette banque n'existe pas ; il fut dont nécessaire de "travailler" sur le terme humo. Notre chercheur déduisit lui-même qu'il devait devenir beaucoup plus humble, plus près de la terre (humus), afin de continuer son chemin d'éveil. En en effet, il avait raison  cette prise de conscience lui permit d'obtenir une activité beaucoup plus en accord avec ses aspirations."

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5 septembre 2021 7 05 /09 /septembre /2021 16:52
Rolande Biès : Rêves, astrologie, alchimie

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Photo ÉPHÊME

 

Je vous propose de rendre hommage à Rolande Biès (1919-2012) en publiant quelques uns de ses textes extraits des Lettres aux amis de l'alchimie dont vous pouvez trouver l'intégralité dans Espace Francophone Jungien. Voici le premier qui est de Septembre 1995

***

"Les images qui arrivent dans nos rêves n'exigent pas une connaissance du monde, elles nous invitent à habiter le monde. Il ne s'agit pas d'un savoir, qui est avoir ; il s'agit d'être.

Comment ÊTRE totalement ? En pénétrant dans les couches profondes de notre psyché afin de ne faire qu'un avec l'inconnu qui habite en nous. Il ne s'agit pas de violer le secret de l'être, mais d'aider celui-ci à l'intégrer en l'épousant, en acceptant de combler ce creux ; c'est cela, le "creuset" alchimique. En devenant un rêveur de l'intime, nous marions en nous toutes les oppositions qui nous harcèlent. Plus nous refusons notre aspect terrestre, humain, humble, plus nous sommes déchirés au lieu d'être reliés à nous-mêmes avant de l'être aux autres.

Tout commence par une prise de conscience due à une épreuve. C'est le début de la quête, le point de départ de l’œuvre. La vie semble avoir perdu son sens, on est en "nigredo" ; Saturne en est le maître, représenté par le plomb. Puis un jour, une rencontre, un livre nous fait entrer dans un ordre nouveau, la volonté de l'ego faiblit, c'est Jupiter, représenté par l'étain gris (l'éteint), qui permet d'entrer dans l'espérance.

Mars, le dieu de la guerre, inaugure alors le combat contre soi-même ; il est froid, mais rouge si on le chauffe, comme le fer. On le nomme l'Aimant des Sages, celui qui attire le sage, car le sage est amour. L'épée, esprit de discrimination, entre dans la lutte contre le dragon de l'orgueil.

Puis, vient Vénus, le cuivre contenu dans le bronze et l'airain des cloches. Couvert de vert-de-gris, il a encore besoin d'être délivré de la cupidité et de l'envie.

Voilà les rapports existant entre astrologie et alchimie. L'astrologie est une projection dans le ciel : loin. L'alchimie est une projection sur la terre : proche. Sans oublier le Mercure, qui est double, puisqu'il est métal liquide : dieu ambigu, dont le caducée montre les deux serpents ennemis reliés entre eux.

Nous entrons là dans l’Œuvre au blanc, où la spiritualité domine la matière : c'est le Premier Travail.

Cela a déjà été dit. Mais quel nom donne-t-on à l'Alchimiste ? Le perroquet.

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14 août 2021 6 14 /08 /août /2021 15:48

poésie,Saint-John Perse,amour,citations,littérature,nature,photographie

 

" Ô femme et fièvre faite femme ! Lèvres qui t'ont flairée ne fleurent point la mort. Vivante - et qui plus vive ? - tu sens l'eau verte et le récif, tu sens la vierge et le varech, et tes flancs sont lavés au bienfait de nos jours. Tu sens la pierre pailletée d'astres et sens le cuivre qui s'échauffe dans la lubricité des eaux. Tu es la pierre laurée d'algues au revers de la houle, et sais l'envers des plus grands thalles incrustés de calcaire. Tu es la face baignée d'ombre et la bonté du grès. Tu bouges avec l'avoine sauvage et le millet des sables et le gramen des grèves inondées ; et ton haleine est dans l'exhalaison des pailles vers la mer, et tu te meus avec la migration des sables vers la mer..."

...

" Submersion! soumission! Que le plaisir sacré t'inonde sa demeure! Et la jubilation très forte est dans la chair, et de la chair dans l'âme est l'aiguillon. J'ai vu briller entre tes dents le pavot rouge de la déesse. L'amour en mer brûle ses vaisseaux. Et toi, tu te complais dans la vivacité divine comme l'on voit les dieux agiles sous l'eau claire, où vont les ombres dénouant leurs ceintures légères...Hommage, hommage à la diversité divine! Une même vague par le monde, une même vague notre course... Étroite la mesure, étroite la césure, qui rompt en son milieu le corps de femme comme le mètre antique, et l'odeur de ses vasques erre dans notre lit...Rouge d'oursin les chambres du plaisir."

Saint-John Perse

Amers, p. 333/334, La pléiade.

Photo Ariaga

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