On lui dit que le temps qui passe
fait que la douleur se lasse
et quand parfois elle ressasse
des souvenirs qui se mâchent
comme une herbe amère
elle espère
que ce temps laboureur
creusera un sillon
si profond qu'aux trèfons
s'enfouira la douleur ...
Ariaga

Aux racines de toute chose vivante, il y a la nature poussant ses rameaux jusqu'à fleur de peau et, quand le coeur bat tambour au rythme de l'émotion amoureuse, les convictions de l'esprit sont saturées par l'attente fiévreuse de la sublimation des corps.
Ariaga

Plantés comme une barrière
les échardes dans la chair
et le poteau du passé
auquel je suis attachée.
Les doux pièges des chimères
obscurcissant la lumière,
et ce chant que je connais
ce chant qu'on m'avait donné
l'ai-je vraiment oublié ?
Comme ils sont durs à monter
les alchimiques degrés
qui mènent au temple intérieur
où s'accomplit le Labeur.
Ariaga

Elle écrit comme j'aime lire, des mots simples et poétiques qui demandent à être relus plusieurs fois et alors une pensée forte apparaît. C'est probablement pour cela que j'ai eu envie de la publier ici. C'est une forme de projection ... Il s'agit de Miche, auteur du blog, dans mes liens, chou-genou-caillou. Ariaga.
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Comme la femme qui enfante, et c’est toujours la première fois
Comme l’enfant qui naît au monde du souffle
Comme l’agonisant devant le voile de la mort
Comme l’homme et la femme se rencontrent en leurs intimités
Comme le vent traverse la colonne de la flûte
Se présenter neufs de tout savoir
Regarder un arbre, pour la première fois.
Miche

Quand les cordages fatigués par les marées
vont se noyer dans l'eau du port
coule la sève d'une pourrissante beauté ...
Ariaga
Devenir vieux, c'est se percher sur le piédestal du grand âge pour dire des paroles de sagesse.
Devenir vieux, c'est faire de ses opinions des certitudes, des dogmes sa religion, adhérer , oublier la beauté du paradoxe.
Devenir vieux, c'est avoir peur de son ombre et encore plus de l'ombre de l'autre.
Devenir vieux, c'est se réfugier sous les vieux oripeaux du petit soi.
Devenir vieux, c'est ne plus voyager dans l'imaginaire et voir son monde se rapetisser comme une peau de chagrin ...
Ariaga
Le vase qui reçoit et préserve est une image très ancienne de la femme et de la maternité. Le fait qu'il contient de l'eau, un élément sans lequel la vie ne peut exister, donne à penser que c'est tout naturellement qu'il a été comparé à l'utérus de la femme.
Dans cet utérus, symbolisant le "vase merveilleux" des alchimistes, se produit une "oeuvre" extraordinaire qui aboutit à la naissance d'un enfant.
Le vase, qui est parfois aussi un chaudron ou un autre récipient rond pouvant contenir un liquide, a été à l'origine de multiples légendes aux temps où les scientifiques n'avaient pas enlevé sa part de mystère à la fabrication d'une vie par un être humain de sexe féminin. C.G.Jung y consacre des pages importantes dans Métamorphose de l'âme et ses symboles (p.228 et 288 par exemple) et dans Psychologie et alchimie(p.308 et d'autres).
Être enceinte c'est accomplir en son sein le Grand Œuvre dont rêvaient les alchimistes et je me dis que ces quelques lignes pourront peut-être réconforter les femmes qui souffrent de nausées ou celles qui, gênées par leur gros ventre, ont du mal à mettre leurs chaussures !
Ariaga
Il fut un temps où, possédée par une ivresse sobre,
elle parlait aux arbres au delà de leur robe d'écorce.
Il fut un temps où elle était un corps
autel de sacrifice, écouteur des chants de l'extase.
Mais la douleur l'a rendue sourde,
buveuse de l'eau croupie des souvenirs,
menteuse à l'Esprit !
Il est temps qu'elle offre à nouveau son visage à la pluie bienfaisante des signes.
Ariaga