Assise sur le banc des rêves de vacances
dans la transparence des gouttes de pluie,
pendant ma transhumance vers un soleil mouillé,
dont l'or brillait entre les gouttes,
le soleil du Diable qui bat sa femme parcequ'elle est trop belle,
j'ai cru apercevoir, derrière le miroir,
là où l'horizon se retire au fond du ciel,
le reflet d'une ville engloutie,
dont la respiration faisait comme une brume au dessus de la mer.
Aurai-je le courage de tenter le voyage,
vers la cité perdue dont tinte encore la cloche,
pour ceux qui savent entendre ?
Ariaga
Ariaga vous propose une poésie d'Étienne PERROT, extraite de son ouvrage CORAN TEINT, le livre rouge, p. 327, ed. la Fontaine de Pierre.
Oh ! mon esprit ne veut plus être,
Nature que ton pur témoin.
Je ferai taire tout désir
pour t'écouter dans le silence.
Ayant ainsi creusé le gouffre
j'atteindrai le fleuve du fond.
À son heure il se changera en un geyser irrésistible.
Sa substance, qui est la tienne,
remplira toute ma vision,
me courbant en miroir du monde,
sphère où les étoiles se jouent.
Le silence qui m'effrayait
s'est fait choeur des dix mille voix.
De la gorge où j'ai disparu
surgit le nouvel univers.
On me l'avait dit : je le vois !
La mort est mère de la vie,
pauvreté engendre richesse
ignorance est le grand savoir.
Étienne PERROT
Illustration *MEL* Blog de nuit, à laquelle je dédie cette petite poésie.
C'était au temps des origines
C'était au temps des androgynes
Tu étais Elle et j'étais Il
Tu étais Il et j'étais Elle
Et nous n'avions qu'un coeur pour deux.
C'était au temps de l'oeuf cosmique
C'était au temps du vase unique
Et maintenant oh mon amour
J'attends tellement le retour ...
Ariaga
Marie Louise von FRANZ, dans son livre : C.G.JUNG, son mythe en notre temps, rappelle combien C.G. JUNG était sensible à la beauté sous toutes ses formes, et aux arts en particulier. En effet, il pensait qu'il y a des représentations qui n'appartiennent pas au moi et, chez les artistes, surgissent d'ailleurs, comme le font les rêves. Au passage, rappelons que les anciens alchimistes étaient souvent appelés "artistes".
La poésie, la peinture, la musique, ont beaucoup compté pour JUNG qui ressentait l'art comme un contact direct avec l'inconscient, mais aussi comme quelque chose de caché que l'on se propose à soi même dans la solitude et le silence.
Autant C.G. JUNG à travaillé toute sa vie pour que son oeuvre soit sérieuse, scientifique et diffusée, autant il était pudique au sujet de ses talents et de ses goûts artistiques. Il craignait de faire de l'"esthétisation" au sujet d'un art qui, pour lui, s'imposait de l'intérieur. Il a quand même montré ses oeuvres de façon indirecte. Il dessinait des mandalas superbes sans en revendiquer la paternité, sculptait la pierre dans sa tour de Bollingen et, surtout, c'était un poéte caché. Il suffit de lire "Les septs sermons aux morts" pour s'en convaincre. Et pourtant il a dénigré cette oeuvre remarquable. Mais cela est une autre histoire...
Il aimait aussi beaucoup la musique. C'est Marie Louise von FRANZ qui me l'a appris. En particulier J.S. BACH. Il paraît que, peu de temps avant sa mort il rêvait encore de créer une sorte de "harpe Eolienne" en suspendant à un arbre un instrument de de soie à travers lequel jouerait le vent, créant ainsi une musique magique.
Cependant, pour C.G. JUNG, l'art n'était pas un but en soi. Il participait à l'évolution de l'être humain et donc à son alchimie spirituelle. C'est une des raisons, pour lesquelles, dans ses pas, a été crée le Laboratoire.
Ariaga
Ariaga vous propose aujourd'hui une citation d'Étienne Perrot extraite de son livre La voie de la transformation (ed. la fontaine de Pierre, p. 61)
" Les Anciens attachaient peu de prix à la méthode philologique qui est la nôtre et qui cherche à établir l'origine des noms en relevant leur provenance historique. Leur vision du monde n'était pas causée par l'enchaînement causal que découvre la raison, mais sur la parenté de toutes choses que révèle l'attention aux messages de l'âme profonde, et par suite les lois qui retenaient leur attention étaient celles des correspondances, des analogies, sources d'harmonie et de beauté. Ils ne disaient pas : " tel mot vient de tel autre ", mais " tel mot est comme tel autre " Ainsi, au lieu de démontrer que " feu " vient du bas latin focus , ils se seraient plus à noter que " feu " ressemble à fou, parce qu'un fou, jouet de l'inconscient, est comme une flamme incontrôlable et, à l'occasion, contagieuse. Dans le Cratyle, Socrate explique de cette manière les noms des dieux et justifie le " jeu sérieux " auquel il se livre en faisant observer que " les dieux aussi aiment les amusements d'enfants ". La tradition hermétique, qui perpétue parmi nous la mentalité antique, et dans laquelle Jung a reconnu l'aïeule de la psychologie des profondeurs, trouve une de ses principales source dans ce domaine d'échos appelée par elle " langue des oiseaux ", sans doute parce qu'elle est un chant et non une collection de concepts à contenu logique. Je ne puis que signaler en passant la fécondité pratique d'une telle vision, qui est à la portée de chacun et nous aide à retrouver la jeunesse de l'esprit. Les poètes, ces éternels enfants, l'utilisent, ainsi que la sagesse populaire; Et nous avons tous éprouvé le délassement que procurent les étymologies " fantaisistes ", en provoquant des irruptions rafraîchissantes de l'énergie inconsciente dans le champ étroit de la raison.
Je suis la locataire d'un vaisseau de distillation
Où les chairs se dissolvent et où l'âme grandit
Poisson qui respire dans l'air
J'ai oublié l'océan d'où je viens
Boomerang déposé sur le sable
J'aspire à la vague
Qui rentre dans la mer
J'attends la vie est si belle
Je la boirai jusqu'à la dernière goutte
Et quand le rêve lucide de la mort m'emportera
Là où il voudra
J'espère
Toute baignée de l'énergie de l'Esprit
Ecouter la musique des sphères
Et quand le temps sera venu je reviendrai encore
Bien plus forte ennivrée de la Lumière de la Nature
Vibrante d'amour divin
Pour grandir et mourir
Ariaga
Ariaga vous propose une citation de C.G.Jung, extraite de Psychologie et Alchimie ( p;299 ), au sujet des phases du processus alchimique caractérisées par leurs couleurs.
" .... On distingue quatre phases qui sont caractérisées par leurs couleurs originales, déjà mentionnées par Héraclite : melanosis (passage au noir), leukosis (passage au blanc), xanthosis (passage au jaune), et iosis (passage au rouge). La division du processus en quatre était appelée (...) quadripartition de la philosophie. Plus tard, environ au XV° ou au XVI° siècle, le nombre des couleurs fut ramené à trois le xantosis, appelé aussi citrinitas (le jaune) disparut peu à peu et ne fut plus que rarement mentionné. A sa place on vit apparaître parfois dans des cas exceptionnels, après le melanosis ou nigredo (le noir), le viriditas (le vert) ; il e fut cependant jamais généralement admis. Alors même que la tetrameria originelle était l'exact équivalent de la quaternité des éléments, on souligna alors fréquemment que, bien qu'il y eut quatre éléments ( terre, eau, feu et air) et quatre propriétés (chaud, froid, sec et humide), il n'y avait que trois couleurs : noir, blanc et rouge. Comme le processus n'a jamais conduit au résultat désiré et comme il ne fut jamais exécuté, dans ses différentes parties, d'une façon standardisée, e changement dans la classification des phases ne doit pas être du à des causes extérieures, mais bien plutôt à la signification symbolique de la quaternité et de la trinité ; en d'autres termes il est dû à des causes intérieures, psychiques."
Ariaga propose aujourd'hui une citation extraite de Aïon (p.21) un ouvrage de la fin de la vie de C.G.Jung.
" Comme on le sait, ce n'est pas le sujet conscient qui projette, mais l'inconscient. On découvre donc la projection , mais on ne la crée pas. Le résultat des projections est un isolement du sujet face à l'environnement, puisque la relation avec celui-ci n'est pas authentique, mais seulement illusoire. Les projections transforment le monde environnant dans le visage propre de leur auteur, visage qui toutefois demeure inconnu de lui. Elles mènent donc en dernier lieu à un état autoérotique ou autistique dans lequel on rêve un monde dont toutefois la réalité reste inaccessible. Le "sentiment d'incomplétude" qui en résulte et celui, encore plus fâcheux, de stérilité sont en revanche interprétés, par projection, comme une malveillance de l'entourage, et ce cercle vicieux renforce l'isolement. Plus les projections interposées entre le sujet et son environnement sont nombreuses, plus il devient difficile au moi de percer à jour ses illusions (...I
Il est souvent tragique de voir à quel point d'évidence un homme gâche sa propre vie et celle des autres sans pouvoir, pour rien au monde, discerner dans quelle mesure toute la tragédie vient de lui-même et se trouve sans cesse alimentée et entretenue par lui même.
Les timides rayons du soleil matinal
ont doucement mûri comme un feu lent et doux
la chair de l'embryon de la future femme
et son âme pleurait l'oubli des origines
elle cognait aux parois du vase trop étroit
création destruction elle est devenue JE.
Dans le glorieux midi
marchant sous le soleil qui crépitait sa peau
elle s'est ressentie d'une beauté inouïe
c'était un pur désir tranchant comme une épée.
Quand est venu le crépuscule
vers les rayons dorés qui brillaient comme un phare
dans le noir
sa lanterne à la main qui contenait les braises
des soleils oubliés
elle a longtemps marché
Il était beau ce soir car c'était un matin.
Ariaga